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Visuel d'illustration : Magasin Kave Home Paris (c) Kristen Pelou

3.2.2026

[Bilan annuel] A quoi s’attendre en 2026, pour le marche du meuble ?

Ils ont été livrés officiellement ce matin, mardi 3 février 2026 : comme prévu les chiffres 2025 du marché du meuble ont été « moins pires » que ceux des deux exercices précédents, avec un repli de – 1,8 %, faisant suite à – 2,5 % en 2023 et – 5,1 % en 2024. La tendance baissière, précisément amorcée en 2023, se poursuit donc, conservant le marché sous la barre des 14 Mds€, mais il faut cependant noter que ce dernier continue de se rétablir à sa valeur « d’avant » Covid. Et remarquons, également, que le second semestre de cette année 2025 a généré cinq mois consécutifs de croissance, même si celle-ci fut légère…  Est-ce là un signal encourageant, parmi d’autres, pouvant autoriser à l’optimisme pour l’année tout juste amorcée, ou du moins celles qui suivront, transformant ces prochains mois en période de « transition » ? Il n’est pas indécent de l’envisager !

Le bilan 2025 du marché du meuble domestique en France a été officiellement dévoilé ce matin, mardi 3 février 2026, par l’Ameublement français, la CNEF et l’IPEA – Institut de la Maison. Sans surprise – en cela, la capacité d’anticipation de ce dernier doit, une nouvelle fois, être saluée ! – il s’inscrit toujours sous la ligne de flottaison, mais s’en rapproche néanmoins, comparé aux deux précédents exercices. En 2025, en effet, le marché du meuble baisse, en valeur, de – 1,8 %, équivalant à une perte de 250 M€, pour atterrir à un total de 13,6 Mds€ ; le repli, débuté en 2023 (- 2,5 %, 14,6 Mds€), et creusé en 2024 (- 5,1 %, avec un passage sous le seuil symbolique des 14 Mds€) se poursuit donc, mais dans de moindres proportions.

La cuisine, seule famille en croissance… et le meublant en souffrance  

De manière synthétique, retenons, concernant d’abord les familles de produits du meuble domestique, que :

> Le meuble de cuisine se démarque nettement, avec + 2 % (valeur de 3,8 Mds€, soit 27,6 % du marché) ; elle est la seule catégorie à s’inscrire dans le vert, sur cet exercice 2025. Belle progression puisqu’en 2024 - où les évolutions par famille étaient toutes négatives - elle se situait plutôt au milieu du classement !

> Les canapés / fauteuils / banquettes enregistrent la baisse « la moins pire » des familles de produits, avec « seulement » - 1,8 % (valeur de 2,4 Mds€, soit 17,9 % du marché).

> La literie recule de – 2,7 % (elle pèse désormais 2 Mds€, soit 14,7 % du marché), se trouvant rétrogradée par rapport à 2024, où elle arrivait en tête des évolutions (avec le repli le moins marqué).

> Le meuble de salle de bains enregistre – 3 % (valeur de 500 M€, soit 3,5 % du marché).

> Le meuble de jardin se replie de – 3,8 % (valeur de 600 M€, soit 4,3 % du marché).

> Le meublant, première catégorie en termes de parts de marché, ferme la marche des évolutions 2025, avec une baisse de – 4 % (valeur de 4,3 Mds€, soit 32 % du marché). Un « coup dur », en quelque sorte, pour cette famille, qui était loin de se situer au bas du classement des évolutions en 2024…

Cote distribution, les specialistes se demarquent, tandis que l’ameublement milieu / haut-de-gamme souffre franchement

Le classement des évolutions, cette fois par type de circuit, se trouve aussi un peu différent de celui de 2024, avec quelques faits notables :

> Les spécialistes (cuisine, literie, salon, bain, etc.) affichent la seule tendance positive du tableau, avec + 1,6 % (3,5 Mds€ de chiffre d’affaires TTC, soit 25,6 % du marché).

> Les GSB, ainsi que les « autres circuits » (magasins non spécialisés meubles, à savoir GSA, discounters multi-produits…) arrivent en deuxièmes, avec les reculs les moins marqués, soit – 2,6 % pour chacun de ces circuits. Avec 1,7 Md€, les GSB génèrent 12,3 % du marché du meuble en France, tandis que les autres circuits, avec 600 M€, affichent une part de 4,2 %.

> La grande distribution ameublement recule de – 2,7 %, générant un CA de 5,2 Mds€, équivalant à 38,4 % du marché.

> L’e-commerce accuse un repli de – 3,4 % (1,2 Md€, soit 8,7 % du marché).

> Les distributeurs d’ameublement milieu / haut-de-gamme, enfin, sont à la peine, avec une baisse de – 3,8 % : certes moins marquée qu’en 2024, elle positionne tout-de-même ce circuit au bas du classement… ce qui était justement loin d’être le cas lors de l’exercice précédent ! Ces distributeurs génèrent 1,4 Md€ de CA, soit 10,8 % du marché du meuble domestique.

Et maintenant ?

Ceci posé, il convient de « dézoomer » la courbe des résultats annuels du marché pour d’abord s’apercevoir que ce repli de – 1,8 % en 2025 s’inscrit parfaitement dans la tendance cyclique de ladite courbe, observée depuis plusieurs décennies : autrement dit, l’évolution en « dents de scie » est le lot du marché du meuble ! Précisons, néanmoins, que sa valeur, en 2025, reste supérieure à celle de 2019 : en d’autres termes, si le Covid a fait considérablement chuter le marché, avant de le faire croître, de nouveau, de manière inhabituelle, le repli qui s’en est suivi a donc au moins limité la casse, en ayant maintenu la valeur antérieure à toutes ces turbulences.

Evolution du marché du meuble depuis 1989

Une fois admise cette « logique » d’évolution, notons qu’au cours des derniers mois, plusieurs conditions préalables à une reprise plus importante de la consommation d’ameublement ont commencé à être réunies, progressivement, telles que :

> Un pouvoir d’achat des ménages stabilisé, sous l’effet d’une inflation globalement maîtrisée en France.

> Un regain du marché de l’immobilier : uniquement dans l’ancien, certes (+ 11 % de transactions), et pas encore dans le neuf, mais ceci intervient après trois années de recul… Ajoutons, à cela, la poursuite de la diminution des taux d’emprunt immobiliers : autrement dit, le pouvoir d’achat immobilier s’améliore !

> La reprise du segment de la cuisine peut être ajoutée à cette liste : si celle-ci se confirme, il pourra sans doute s’imposer de nouveau comme l’une des locomotives du marché, comme il a pu l’être par le passé…

> De manière plus globale, cet exercice 2025 a comporté, au deuxième semestre, cinq mois consécutifs de croissance (de juillet à novembre inclus) même si celle-ci fut légère : c’est la première fois, depuis la fin de l’exercice 2022, que le marché du meuble affiche au moins deux résultats mensuels positifs qui se suivent !

> L’engouement des Français pour leur habitat, enfin, est toujours bel-et-bien là, même si l’envie d’investir qui en découle est inévitablement soumise à pression, avec les autres postes de dépenses des ménages.

Et, de manière plus générale, face à ces conditions considérées comme favorables pour une potentielle reprise du marché du meuble domestique, les freins et défis demeurent, avec un contexte géopolitique toujours tendu – source d’angoisse et de frilosité du consommateur -, les arbitrages budgétaires qui sont donc toujours nécessaires, la concurrence des discounters et autres plateformes chinoises tirant justement profit de cette situation… En somme l’année 2026 ne sera pas de tout repos, mais elle devrait au moins faire office de « transition » : lors de son colloque organisé en décembre dernier à Paris, l’IPEA – Institut de la Maison avait évoqué un exercice 2026 étale… De quoi espérer les suivants en positif ?

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