
Visuel d'illustration : Chambre Haïku, Parisot Industrie
A une semaine d’intervalle, CBA Meubles et Parisot Industrie placees en redressement judiciaire
Le tout début de ce mois de juin 2026 aura été particulièrement mouvementé pour la fabrication de meublant tricolore positionnée sur le segment de l’entrée-de-gamme. Le 1er juin, en effet, CBA Meubles – ex-société Demeyere, dont le siège social est implanté dans le département du Nord à Pérenchies – a été placée en redressement judiciaire, par le tribunal de commerce de Lille Métropole. Considérant ce centre névralgique, ainsi que l’entrepôt de 45 000 m² installé à quelques kilomètres, à Linselles, l’entreprise employait, au moment de ce placement, environ 440 salariés, dont 80 en intérim. Le fabricant du Nord, qui a vu le jour très exactement en 1909 (sous l’initiative de Lucien Demeyere), a traversé les décennies en optant, dès les années 1950, pour une diversification vers l’importation de panneaux de particules de bois ; suivra, peu après, la mise en place de l’automatisation du placage, à l’origine d’un nouvel essor pour l’entreprise. Au début des années 1960, Demeyere commence à fabriquer des meubles en kit, et maîtrise désormais l’impression des décors papiers. Au milieu des années 1980, les meubles Demeyere se vendent désormais aussi à l’étranger… Trente années plus tard, au milieu des années 2010, le groupe s’impose comme un leader européen, et figure parmi les plus grands exportateurs français dans le secteur du meuble, incarnant un véritable savoir-faire national, en proposant des produits à la fois design, innovants et accessibles : l’entreprise fabrique jusqu’à 30 000 pièces par jour, et exporte aussi bien en Europe qu’à l’international. Pourtant, la conjoncture n’épargne pas le fabricant qui, finalement, est repris, en 2022, par le groupe familial marocain Safari : Meubles Demeyere est alors rebaptisé CBA Meubles. Enfin, tout récemment – la décision a été rendue le 13 janvier 2026 – le groupe P3G avait fini par prendre le contrôle exclusif de CBA Meubles, les deux sociétés étant concurrentes directes.
Et, justement, le 8 juin dernier – exactement une semaine après celui de CBA Meubles – ce fut au tour de Parisot Industrie, société également détenue par P3G Group, d’être placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Lille : cette fois-ci, la procédure concerne 400 salariés, répartis sur les sites de Saint-Loup-sur-Semouse (70) et Mattaincourt (88). Fondée en 1936, l’entreprise était parvenue à fabriquer, chaque année, plus de 2 millions de meubles avec des outils de production modernes, tout en livrant 1 500 points de vente directement grâce à une logistique étudiée.
P3G Group, qui s’inscrit aujourd’hui dans le top 10 des fabricants de meubles européens, se déploie à travers 11 usines implantées en France, en Europe et en Asie, réalise 360 M€ de chiffre d’affaires, et emploie environ 3 500 collaborateurs. L’avenir de ses sociétés CBA Meubles et Parisot Industrie – qu’il détient parmi plusieurs autres – sera vraisemblablement évoqué, dans un premier temps, lors d’audiences prévues le 5 août prochain.


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